« Grandir en confiance : comprendre et progresser face à l’incontinence chez l’enfant »

Les troubles pelviens et ano-rectaux chez l’enfant, tels que l’énurésie, l’encoprésie, l’incontinence urinaire ou l’incontinence anale, peuvent être source d’inconfort et d’inquiétude, tant pour l’enfant que pour ses parents. Certains parcours plus spécifiques, comme les enfants nés avec une malformation ano-rectale, peuvent également bénéficier d’une approche adaptée.

La prise en charge débute généralement dès l’âge de 4 ans, en tenant compte du développement, de la compréhension et du rythme de chaque enfant. Un bilan permet d’orienter le travail de manière progressive et personnalisée.

Afin de faciliter l’adhésion et la compréhension, des supports visuels ont été spécialement créés pour accompagner les enfants tout au long de la rééducation. Je vous invite également à visionner, avec votre enfant, les vidéos disponibles sur cette page, afin de le familiariser en douceur avec les séances.

Le travail se fait majoritairement de manière externe, à l’aide d’électrodes EMG et de biofeedback, permettant à l’enfant de visualiser et de mieux comprendre le fonctionnement de son corps. Dans de rares situations, et uniquement sur demande médicale, un travail avec sonde peut être envisagé, toujours avec l’accord de l’enfant et dans le respect de son confort.

Pour préserver l’intimité et instaurer un climat de confiance, il est demandé d’apporter un slip ou une culotte. Celui-ci sera adapté sur place et conservé au cabinet pour les séances suivantes.

L’approche repose sur des méthodes adaptées à l’enfant, alliant pédagogie et jeux et repères concrets, afin de favoriser les apprentissages et de progresser à son rythme.

Nous vous invitions à regarder ses vidéos avec votre enfant afin de comprendre le fonctionnement de la vessie et de l’intestin 

Vidéo : le Biofeedback

Le biofeedback EMG permet la visualisation de l’activité musculaire ciblée: le patient doit suivre les courbes préétablies (ici : courbes oranges). La courbe bleue reflète l’activité musculaire réalisée par le patient. Selon le travail recherché, le thérapeute affine, personnalise et varie les différents types de graphes. (source : Stimform, Programme Phenix)

FAQ

Mon enfant présente de l’incontinent urinaire. Que puis-je faire ?

Il est important de veiller à l’hydratation. Boit-il suffisamment ? Ou, au contraire, en excès ? Il est utile de favoriser un fonctionnement régulier de la vessie. L’enfant peut être absorbé par le jeu, la télévision ou d’autres activités, et en oublier de se rendre aux toilettes. La mise en place d’une petite montre sonore peut l’aider à structurer ses habitudes.

Durant les congés scolaires, l’organisation quotidienne peut être modifiée. L’absence de cadre lié à l’école et des horaires de coucher plus souples peuvent avoir un impact sur la continence. Il est alors pertinent de réinstaurer progressivement des habitudes plus régulières.

Si les troubles persistent, votre médecin ou votre pédiatre pourra vous orienter vers des séances de rééducation périnéale auprès d’un kinésithérapeute spécialisé.


L’énurésie ,pipi au lit, a-t-elle un facteur héréditaire ?

Oui, l’énurésie nocturne présente fréquemment une composante familiale. Lorsque l’un ou les deux parents ont été concernés durant leur enfance, le risque est effectivement plus élevé chez l’enfant. Cette prédisposition s’inscrit le plus souvent dans un décalage de maturation des mécanismes de contrôle vésical, sans caractère pathologique dans la majorité des cas.

D’autres facteurs peuvent intervenir, tels que la maturation du système nerveux, la qualité du sommeil, souvent plus profond, ou encore certains éléments fonctionnels comme la constipation. La capacité de la vessie à se remplir durant la nuit, ainsi que la régulation de la production d’urine nocturne, jouent également un rôle dans la persistance des épisodes.

L’alarme sonore lors d’énurésie, est-ce utile ?

Oui, chez certains enfants, l’utilisation d’une alarme peut être utile dans la prise en charge de l’énurésie nocturne. Ce dispositif permet à l’enfant de prendre progressivement conscience du remplissage de sa vessie et de favoriser l’apprentissage du réveil en lien avec le besoin d’uriner.

Cependant, son efficacité repose sur un prérequis essentiel : l’enfant doit avoir appris à reconnaître et à contrôler sa musculature pelvienne. S’il se réveille sans disposer de ces repères, les résultats peuvent être limités. Une rééducation en amont est donc souvent recommandée afin d’optimiser l’efficacité de ce type d’outil.

Il existe par ailleurs des alarmes adaptées, notamment sous forme de dispositifs vibrants, qui peuvent être proposées aux enfants sensibles au bruit nocturne, afin de respecter leur confort et de favoriser l’adhésion au traitement.

Mon enfant se cache pour aller à selles. Que puis-je faire à la maison ?

Oui, ce comportement est fréquent chez le jeune enfant. Il peut traduire une phase d’apprentissage, un besoin d’intimité ou parfois une appréhension liée à la sensation d’aller à la selle.

Il est possible d’inviter progressivement l’enfant à se présenter sur le petit pot ou aux toilettes, sans contrainte. La mise en place de repères simples, comme un passage après les repas, ainsi qu’un tableau de récompense, peuvent l’encourager de manière positive.

Chez le jeune enfant, la position sur le petit pot est idéale d’un point de vue mécanique : les pieds sont en appui et les hanches fléchies, ce qui facilite l’évacuation.

Chez l’enfant plus grand, un marchepied et un rehausseur permettent de recréer cette position, d’améliorer la stabilité et de le rassurer.


Mon enfant souffre d’encoprésie : quels conseils pour les parents ?

L’encoprésie nécessite une approche bienveillante et sans culpabilisation. Il s’agit le plus souvent d’un trouble fonctionnel, souvent associé à une constipation sous-jacente, et non d’un comportement volontaire de l’enfant.Il est également important de rester attentif aux signes associés, comme des douleurs abdominales, une rétention volontaire ou des épisodes de selles dures, qui peuvent entretenir le trouble.

Le regard porté sur l’enfant et la manière d’aborder la situation jouent un rôle essentiel dans l’évolution.Consulter un professionnel permet de mieux comprendre les mécanismes en jeu et d’adapter les stratégies, incluant si nécessaire un travail spécifique de rééducation ano-rectale.


Comment nettoyer ma sonde après l’utilisation de sa séance ?

Après chaque utilisation, la sonde doit être nettoyée puis désinfectée soigneusement. Voici la procédure recommandée :

  • Rincer la sonde à l’eau claire.
  • Placer la sonde dans une solution de Steranios 5 % pendant minimum 1 heure.
  • Rincer ensuite abondamment à l’eau claire.
  • Sécher soigneusement la sonde avec un linge propre.
  • Conserver la sonde dans une boîte propre et lavable.

La solution de désinfection est généralement valable pour environ 8 séances, puis doit être jetée à la fin de la prise en charge.

Il est néanmoins conseillé de conserver votre sonde personnelle pour une éventuelle prise en charge ultérieure.


Laure Lemoine

Kinésithérapeute spécialisée en pelvi-périnéologie

Centre Fisiomove- 1er étage
​14B Op der Haart – ​9999 Wämperhaart
Wäiswampech
​Luxembourg